Montagne des Vosges       Gens de la terre

Couverture

9,00 euros
104 pages - 170x240 mm
couverture cartonnée cousue - illustré
isbn : 978-2-914554-88-5

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Anne-Lise Henry et Claude Thouvenot

Directeur de recherche au CNRS, Claude Thouvenot est orienté vers les aspects historiques, géographiques et sociaux des habitudes alimentaires.
Anne-Lise Henry est ingénieur technologue orienté vers l'agronomie et le développement local. Ils animent l'association Passerelles qui conduit actuellement un programme de recherche-développement-vulgarisation sur les produits du terroir, alimentaires, artisanaux et leurs diverses transformations.

C’est dans les Vosges du Sud, dites cristallines, que les gens de la terre ont toujours été les plus nombreux, les clairières défrichées et cultivées, rendant les paysages moins oppressants et sévères que dans les Vosges gréseuses du Nord. C’est là que nous les avons surtout rencontrés.

Témoignage : Maurice, un natif du pays, encore jeune, toujours en activité, évoque son voisinage d’aujourd’hui : “J’étais et je suis encore regardé parce que j’étais marginal par rapport à leur façon de vivre et d’exister. Tout doucement, on a réussi à s’apprivoiser, ça s’est toujours bien passé. Le vosgien est très accueillant, il est très froid comme ça mais en fait, si vous avez un pépin, ils sont tout de suite là. Un jour, j’ai mis du temps à me décider à arracher mes pommes de terre, une brave paysanne de l’autre versant est venue avec son croc car je ne savais pas qu’il est de tradition que le dernier qui arrache ses patates, on va l’aider. Ça m’a créé des liens, il y avait des échanges, ça s’est bien passé.” Rudes mais hospitaliers ?

Terre rude, espace cultivable restreint, sol granitique ingrat, la montagne vosgienne, celle du Sud au climat violent et bourru, a façonné des générations de paysans robustes, têtus mais laborieux, individualistes mais solidaires et hospitaliers. Ces gens de la terre ont souvent dû, dès l’arrivée de l’industrie textile, travailler aussi à l’usine pour garder les trois ou quatre vaches et les petits hectares sur lesquels ils nourrissaient leur famille. Au début du XXIe siècle, le paysage a changé, la forêt reprend doucement les espaces conquis jadis par les cultures et les prairies ; les gens de la terre se sont adaptés à la société “moderne” et aux directives européennes. Les anciens paysans et les jeunes agriculteurs réunis dans cet ouvrage montrent une même passion pour le terroir et malgré les difficultés du métier, une même foi en l’avenir.

2e photo